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  • alexl9619

De nouveaux allergènes majeurs ?!


Je suis récemment tombé sur un rapport de l’ANSES (Agence National de Sécurité Sanitaire de l’alimentation, de l’Environnement et du travail). Ce rapport a été rédigé à partir de 2015 et publié fin 2018, ce qui en fait un état des lieux pertinent et à jour sur les allergies alimentaires et la restauration. Pour simplifier, l’ANSES fait office de conseil scientifique pour les gouvernements et suggère des mesures à mettre en œuvre via des législations dans des domaines poussés comme les allergies alimentaires.


Ce qui nous intéresse ici ce sont les recommandations émises par l’agence à la fin de ce rapport et qui pourraient faire office de cadre de réflexion pour les prochaines années.






1) Des allergènes émergents !

En tant que professionnel de la restauration, le point le plus important de ce rapport est la mise en évidence de nouveaux allergènes. Ces « nouveaux » allergènes sont soit des allergènes qui avaient déjà un fort impact en 2011 (mais n’ont pas été ciblés par la précédente législation), soit des allergènes entrainant un nombre croissant de réactions allergiques. En résumé, ce sont des allergènes qui ont une très forte probabilité d’être ajoutés à la liste des allergènes majeurs dans les prochaines années !

Ces allergènes sont :


  • le sarrasin

  • le lait de chèvre et de brebis (qui peuvent provoquer des réactions chez des personnes tolérant le lait de vache)

  • le kiwi

  • le pignon de pin (qui peut être considéré comme un fruit à coque)

  • l’α-gal

  • les lentilles et le pois (qui peuvent engendrer des réactions croisées avec l’arachide (légumineuse) et qui présentent déjà un risque d’anaphylaxie supérieur à certains allergènes majeurs )



2) Une meilleure sensibilisation des professionnels des métiers de bouche

Un point que l’on retrouve généralement dans ces rapports, et c’est bien normal, est le sujet de la formation et de la sensibilisation des professionnels des métiers de bouche aux allergènes alimentaires. Bien que d’énormes progrès aient été faits durant les dernières décennies, l’Agence recommande tout de même de mettre en place des mesures pour renforcer la sensibilisation des professionnels sans pour autant préciser lesquelles.



3) La présence d’injecteurs d’adrénaline dans les établissements de restauration

Ce point est très intéressant car il fait écho à un phénomène évoqué dans nos articles. En effet, le rapport indique que 10 à 20% des cas d’anaphylaxies sévères (mettant en danger la vie des personnes) dans des établissements de restauration concernent une première réaction allergique.

C’est-à-dire, qu’avant cette réaction d’anaphylaxie, la personne n’avait pas conscience de son allergie alimentaire ou de sa sévérité. Pour réduire les risques liés à ces « découvertes » d’allergies, l’agence recommande que des injecteurs d’adrénaline soient en permanence présents dans les établissements de restauration pour pouvoir intervenir rapidement.

Il est difficile de dire à quel point cette recommandation sera suivie dans le futur par le gouvernement. Cependant, il est important de garder à l’esprit qu’un client allergique n’évoque pas forcément ses allergies spontanément au personnel des établissements et qu’il est positif d’inviter vos clients à le faire avec une mention sur le menu ou en leur posant la question. Comme on le voit ici, beaucoup de personnes n’ont également pas conscience de leurs allergies alimentaires. Il est donc important d’être sensibiliser aux allergies pour reconnaitre les symptômes et pouvoir réagir de manière adéquate rapidement.


Vous pouvez bien sûr retrouver le rapport de l'ANSES (Saisine n°2015-SA-0257) en accès libre sur internet si vous souhaitez consulter les détails de ce rapport.



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